Résumé éditeur
Il n’est jamais entré dans un musée, il ne lisait que Paris Normandie et se servait toujours de son Opinel pour manger. Ouvrier devenu petit commerçant, il espérait que sa fille, grâce aux études, serait mieux que lui. Cette fille, Annie Ernaux, refuse l’oubli des origines. Elle retrace la vie et la mort de celui qui avait conquis sa petite « place au soleil ». Et dévoile aussi la distance, douloureuse, survenue entre elle, étudiante, et ce père aimé qui lui disait: « Les livres, la musique, c’est bon pour toi. Moi je n’en ai pas besoin pour vivre. » Ce récit qu’on croit dépouillé de tout sentiment possède une dimension universelle.
Mon avis
Cocorico ! Le prix Nobel de littérature a été décerné à une française l’année dernière. Je ne pouvais donc pas passer à côté : j’ai passé le pas, en entamant la bibliographie d’Annie Ernaux avec l’un de ses ouvrages : la place.
Au moment où elle passe l’agrégation de lettres, elle se remémore l’histoire de son père : avant sa propre naissance jusqu’à la mort de son père. Elle vient d’un milieu très précaire en Normandie, issue d’une famille d’ouvrier qui essaie de s’en sortir en ouvrant leur propre commerce.
L’autrice nous en parle sans véritable émotion, de son père principalement, puisque a priori, elle a consacré un autre de ses livres à sa mère. Au premier abord donc, on a des faits déclinés un peu froidement. C’est très descriptif, si bien qu’à un moment, je me suis dit qu’en fait, c’est comme si une personne que l’on connaît bien, nous raconte l’histoire par le menu d’une personne qu’on ne rencontrera jamais. J’ai eu du mal à y trouver mon compte à vrai dire. Je n’étais pas plus curieuse que ça d’en savoir plus sur lui. En réalité, au fur et à mesure de l’avancée de ma lecture, je ne savais pas vraiment ce qu’il aurait fallu faire. Elle se retrouve effectivement sur une ligne un peu mince : si l’autrice nous avait parlé de son père avec beaucoup trop d’émotions, elle serait tombée dans la nostalgie, qu’elle n’aurait finalement ressentie toute seule, sans prendre à part le lecteur. En revanche, si elle n’en parle qu’avec un certain recul, sans véritables émotions apparentes, elle aurait pu tomber dans la condescendance, vis-à-vis d’un monde d’ouvrier, de précaires, dont elle ne fait plus partie. Car le point embarrassant que j’ai pu ressentir dès le départ, c’était de savoir si elle écrivait ce livre pour faire ressortir que malgré son passé, elle a pu s’en sortir et être reconnu de ses pairs, dans un monde un peu fermé de la littérature française. Comme si il s’agissait en réalité de se mettre en avant en expliquant ses origines.
A la fin du livre, j’ai eu beaucoup moins d’a priori, et je pense qu’on peut raconter son enfance, riche ou pauvre, de manière un peu descriptive, sans pour autant renier ou sans juger ce monde-là.
Vers la fin du roman, j’ai été assez surprise pour ne pas dire autrement, quand l’autrice explique que son mari ne l’a pas accompagné quand elle est allé voir ses parents. Il considérait que ses parents n’étaient pas en capacité d’entretenir une conversation intéressante. C’est un des passages très malaisants et rien que cela, justifie tout seul l’écriture de ce livre. Elle a quitté le monde ouvrier, avec notamment son père donc, honnête, se mettant toujours en 4 pour satisfaire tout le monde, et pour ne pas avoir honte de ses origines sociales. C’est très triste de voir se confronter 2 mondes si différents. Prise entre ces 2 mondes, l’autrice a dû vraiment mal vivre cette position.
C’est donc une véritable déclaration d’amour envers son père que l’autrice nous propose : une reconnaissance éternelle et l’amour pour son père, indéfectible malgré sa propre ascension sociale. Je suis donc entrée par la bonne porte dans la bibliographie de notre prix Nobel. Je pense en ouvrir d’autres.
Éditions : Gallimard
Nombre de pages : 113
Genre : Contemporain
Publication : 1er janvier 1986
En savoir plus


vous me donnez envie de le relire
J’aimeAimé par 1 personne
J’en suis ravie 😉 Bonne lecture !
J’aimeAimé par 1 personne
Voilà qui me donne assez envie de relire ce livre – mais j’ai d’autres de ses romans en tête, pour l’instant ^^
J’aimeAimé par 1 personne
On en est tous là ^^ hihi
J’aimeAimé par 1 personne
Avec ce nobel, on est beaucoup à se tourner vers cette écrivaine. Je n’ai pas encore sauté le pas mais je compte bien le faire, sa bibliographie est bien remplie.
J’aimeAimé par 1 personne