
C’est un roman court mais on en ressort bousculé, comme en apnée après les premières pages qui plantent le décor et les révélations qui s’égrènent au fil des pages.
Le narrateur a vécu un traumatisme quand il était jeune. On comprend dès le départ que cela l’a beaucoup marqué, qu’il a cherché à oublier, à nier tout ce qui tourne de plus ou moins loin à cette histoire. Son père étant malade, on l’appelle pour qu’il vienne à son chevet. Il n’en a plus pour longtemps. le narrateur s’interroge à savoir si sa visite est réellement nécessaire, lui qui habite si loin de la région de son enfance. Finalement, il va y aller mais avec beaucoup d’angoisses. Il avait coupé les ponts avec son père. le revoir après toutes ces années est bouleversant pour lui. Il prend son courage à deux mains et va vouloir aborder le sujet, pour se libérer de ça, et repartir soulager. Qui est le jeune bourreau du titre du roman.
La première partie du roman est une litanie de sentiments, d’émotions, de ressentiments, de culpabilité, sans que le lecteur ne connaisse réellement ce qu’il a vécu. Dans cette partie, j’ai été comme en apnée dans ces longues phrases. L’auteur nous « recrache » tout ce qu’il ressent, comme pour s’en débarrasser, comme pour nous faire ressentir ses angoisses. J’ai suivi l’auteur sans réellement comprendre. On peut que deviner ce qui a bien pu se passer mais en réalité, j’ai compris qu’il n’en était rien. On le comprend au fil de la lecture et plus particulièrement dans la deuxième partie et c’est d’autant plus fort que quand on apprend les tenants et les aboutissants de cette histoire, on ressent nous-même la rage contenue de l’auteur dans ce qu’il raconte.
Le face à face avec son père est révélateur du mal être du narrateur. C’est une rencontre marquante, et le tournant du roman.
J’ai beaucoup apprécié ce roman, car il est fort en émotions. Quand j’ai terminé ce roman, j’ai été scotchée par cette histoire, la manière dont l’auteur s’y est pris pour nous la raconter et l’horreur de ce qu’il a vécu. En bref, ce fut une très bonne lecture, et ce roman gagnerait à être davantage connu.
Je remercie les éditions Grasset et Netgalley pour cette lecture.
Résumé éditeur
« Tu es venu m’assassiner ? » demande Roger à l’auteur du livre, Thomas Misrachi, cinquante ans, qui vient d’entrer dans sa chambre. Roger, malade, épuisé, le regard perdu et cruel, se meurt dans un hôpital de Moselle. Qui est cet homme que vient rencontrer l’auteur, une dernière fois, et qui fut un « presque bourreau » ?
Ainsi commence cet incroyable récit personnel et familial, écrit d’une traite. On y découvre un enfant de six ans, Thomas ; un jeune homme de seize ans, lycéen amoureux d’une fille, passionné de force, à l’âme et aux gestes noirs. Roger, la trentaine, dans une nouvelle vie. Au cœur de l’été, dans une grande maison bourgeoise, se noue un drame impossible à raconter, et qui ne fut jamais évoqué pendant 45 ans.
Vous n’oublierez pas ce livre travaillé par la souffrance, mais sauvé par la beauté de l’écriture et la résilience de l’adulte.

Éditions : Grasset
Nombre de pages : 128 pages
Date de publication : 23 avril 2025