[Rentrée littéraire] Quand nous étions des lucioles d’Abubakar Adam Ibrahim [Jurée Prix du roman FNAC 2024]

D’entrée de jeu, ce roman sort de l’ordinaire : le personnage principal Yarima Lalo, peintre au Nigeria, se souvient de l’assassinat dont il a été victime dans un train. J’ai lu 2 – 3 fois cette 4ème de couverture en essayant de chercher ce qui ne va pas dans cette phrase et pourtant, il s’agit bien de l’histoire de ce roman. Les visions de Lalo se manifestent dans ses peintures notamment, où inconsciemment, les souvenirs lui remontent et c’est comme s’il s’envoyait des messages à lui-même sur les circonstances de cette autre vie. Cet assassinat a eu lieu dans un train et c’est dans une gare qu’il va s’imprégner de ce moment-là, mais il va aussi faire la rencontre d’Aziza. Elle va chercher à le comprendre, effarée par ce qu’il lui raconte, et très vite elle va finir par le croire. Aziza cherchant à fuir sa famille va alors le suivre dans son road-trip pour retrouver les personnes qui l’ont connu avant sa mort.

C’est donc dès le départ un roman déconcertant puisque l’auteur nous amène sur un personnage qui aurait vécu plusieurs vies, et qui éprouve une certaine tristesse pour ses autres vies. L’incompréhension de l’entourage de Lalo est comme un appui pour l’auteur pour démontrer que cette histoire n’est évidemment pas normale, comme pour raccrocher le lecteur à l’intrigue. Soit dit en passant, la 4ème de couverture peut effrayer le lecteur, ce qui a été mon cas, très clairement. J’ai trouvé certaines scènes très malaisantes, notamment lorsque Lalo retrouve l’amour de jeunesse de l’une de ses précédentes morts. Chaque chapitre raconte soit l’histoire de Lalo, soit le passé d’Aziza ou encore le passé de Lalo dans l’une de ses autres vies. Ce roman est d’ailleurs assez inégal car d’un côté, j’ai apprécié la romance qui s’installe entre les 2 personnages, leur histoire personnelle et familiale, et le démarrage de l’histoire qui tend vers le surnaturel et de l’autre côté, mon intérêt pour l’histoire a très vite manqué. Les dialogues, souvent naïfs et manquant de crédibilité, m’ont perdues. J’ai trouvé que les personnages étaient manichéens et que ça manquait un peu de nuances. le côté onirique n’est pas ce que je recherche dans mes lectures, mais j’ai apprécié le parallèle entre les lucioles et l’au-delà. C’est donc pour moi un roman en demi-teinte.

Dans la gare d’Abuja flambant neuve, le peintre Yarima Lalo est soudain frappé par le souvenir de l’assassinat dont il a été victime dans un train, puis par d’autres réminiscences de ses morts antérieures. Il cherche bientôt à comprendre ces visions. Sur ses peintures expressionnistes semblent se nicher des clés pour recomposer son passé, ainsi que la figure fantomatique d’une enfant qui hante son présent.
Confronté à l’incompréhension de ses proches et à l’absence de sa mère, atteinte d’un mal inconnu, il trouve une oreille attentive auprès d’Aziza, jeune mère qui se débat contre sa belle-famille pour tenter de garder sa fille auprès d’elle.
Yarima et Aziza, l’un en quête de réponses et l’autre tentant de fuir l’emprise familiale, entreprennent alors un voyage à travers le Nigeria à la recherche des vestiges des vies passées du peintre.

Éditions : Julliard

Nombre de pages : 496 pages

Date de publication : 29 août 2024

Laisser un commentaire