Résumé éditeur
Perchée sur la colline, à l’écart du centre-ville, une cité ouvrière et son bistrot : le Bel-Air. Au comptoir, le patron s’enflamme contre les Arabes du foyer de travailleurs et, depuis le baby-foot, les jeunes reluquent la serveuse en se prenant pour Marlon Brando. Gérard et Franck ont grandi là comme des frères. Mais alors qu’une guerre se termine en Indochine et qu’une autre débute en Algérie, leurs premiers choix d’hommes vont brutalement les séparer. Bien des années plus tard, alors que le Bel-Air est sur le point de disparaître, une ultime rencontre jettera un éclairage nouveau sur le passé et sur leurs certitudes. Bel-Air renoue avec l’écriture fougueuse et les thèmes chers à Lionel Salaün : le racisme ordinaire, le clivage social, l’amitié, la loyauté.
Mon avis
Dans les années 50, la forte amitié de 2 adolescents, Gérard et Franck, à l’aube de l’âge adulte va être tourmentée par leurs premiers choix d’hommes. L’histoire se déroule près de la cité de Bel Air, plus particulièrement autour et au sein du bar du même nom, à l’époque des guerres d’Indochine et celle d’Algérie. La grande Histoire va influencer le devenir de ces personnages.
J’avais choisi ce livre parmi d’autres car il racontait le vécu de personnes à l’époque des faits. On nous apprend des tas de choses à l’école sur l’Histoire, les dates, les faits mais connaître le ressenti des personnes qui ne sont pas impliquées directement est autrement intéressant. On voit alors les plus jeunes être influencés par les plus âgés sur leur soutien aux jeunes engagés sur place, sur le racisme ambiant, sur la transmission du patriotisme et du nécessaire engagement de ceux qui ne sont pas encore en âge de l’être.
Le narrateur, Franck, l’un des 2 adolescents, nous emmène au travers d’une histoire somme toute banale en dehors de son contexte ; les études, les premiers petits boulots, les filles, les grandes décisions d’avenir d’un jeune adulte au sein d’un groupe de jeunes qui ne prennent pas forcément le même chemin. Tout cela rend les personnages attachant en particulier le personnage principal Franck. On découvre petit à petit sa façon à lui de devenir un « homme », sa personnalité qu’il a du mal à dévoiler, etc …
J’avoue que je me suis reconnue en lui, cette difficulté à se livrer aux autres, ne pas vouloir parler de lui aux autres par peur d’être jugé. Je n’ai jamais trouvé en dehors de ce livre, les mots justes pour justifier cette volonté de rester discrète. Les phrases sont limpides, l’histoire est complètement plausible, le début de vie adulte est le reflet de ce que l’on a tous vécu ; les doutes, les erreurs de jeunesse, les déceptions, les remises en cause…
Bref, j’ai adoré ce livre. Il se lit facilement, je n’ai pas réussi à en décrocher.
