
Résumé éditeur
Depuis bientôt dix ans, Teresa n’a pas quitté son lit ni prononcé le moindre mot. Quand elle a senti son esprit vaciller et sa mémoire s’étioler, elle a choisi de rester couchée et de se murer dans le silence afin de ne pas laisser s’échapper le secret enfoui au plus profond d’elle-même. Pourtant, depuis bientôt dix ans, autour d’elle, tout le monde s’affaire et se relaie pour la garder dans le flot de la vie : ses filles Irene et Flora, sa petite-fille Nina, sa cousine Rusì, et Pilar, venue tout droit du Pérou, qui lui prodigue des soins au quotidien. Lorsque les heures de Teresa semblent comptées, toutes se réunissent pour la veiller et pour entendre ce qu’elle est peut-être enfin prête à leur confier, pour les aider à se libérer.« Grand-mère rêvait tout en nous écoutant, elle dormait tout en veillant sur nous. Ses paupières étaient closes, mais dessous, ses yeux étaient grands ouverts. »
Mon avis
A la lecture de la 4ème de couverture, on pourrait s’attendre à un livre triste. Il s’agit quand même de la veillée de la grand-mère de la famille, Teresa. Sa cousine, ses filles, sa petite-fille et Pilar, une femme venant du Pérou qui aide Teresa dans son quotidien. En réalité, c’est plus un livre de cœur entre femmes qui ont toutes un passé qui s’est calqué sur celui de Teresa finalement.
Teresa a été plus ou moins contrainte d’épouser Antonio dans sa prime jeunesse. Mais elle ne l’aimait pas. Ils avaient tous les 2 une exploitation de vers à soie et cette exploitation occupait toute la famille. Teresa s’est battue pour que ses filles fassent des études pour échapper à ce travail. Mais Antonio faisait mener la vie dure à sa famille, ne pensant qu’au travail. Il a très mal vécu que sa femme Teresa ne l’aime pas autant que lui l’a aimée.
Si bien que leurs filles ont eu du mal à se projeter avec un homme à leur tour. Elles ont eu chacune un passé avec un homme et ça s’est soldé par un échec. Elles ne semblent pas le regretter parce que dans cette famille, l’amour ne se vit que par procuration en regardant leur feuilleton télévisée « Carmen », la telenovela italienne.
C’est donc l’histoire finalement de la famille de Teresa qui finit par se rapprocher autour de Teresa pour la veiller. Cela fait 10 ans qu’elle n’a pas parlé et elle semble ne plus vouloir partir vers l’au-delà. En attendant sa mort, imminente selon les médecins, ces femmes vont donc parler de leur passé autour du corps endormi de Teresa. Et cela va faire remonter des anecdotes qu’elles n’ont pas toutes vécus de la même façon jusqu’à ce que l’une d’entre elle devine le secret de Teresa.
J’ai eu un peu de mal à entrer dans cette histoire parce que ce livre est très onirique, très porté sur les présages, l’interprétation des rêves, … Il faut dire que c’est assez déroutant. J’ai un coup de cœur pour le personnage de Pilar, qui est une femme combattive (elles le sont toutes plus ou moins). Pilar vient du Pérou et parle très mal l’italien. Elle épaule toujours les autres femmes et est là pour comprendre le passé de cette famille tout en évoquant les coutumes de son pays. Elle est très drôle parfois (malgré elle).
Je dirais que c’est une histoire à laquelle on s’attache à ces femmes. J’ai étiré la lecture sur plusieurs jours pour bien m’imprégner de ces personnages. Ne vous lancez pas dans ce livre si vous cherchez des rebondissements. On apprend au fil de l’eau le passé de ces femmes mais il faut être très patient. On apprend pas mal de choses à la toute fin du livre.
Je remercie Babelio et les éditions Marabooks pour cette lecture dans le cadre d’une masse critique privilégiée.
Éditions : Marabooks
Nombre de pages : 400
Genre : Contemporain
Publication : 25/08/2021
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